💄 Beauté toxique : quand la Guinée s’empoisonne au nom de la mode – Analyse et Solutions
🕯️ Par la rédaction de Portail Guinée — Série “Beauté, Identité et aliénation”
Dans les marchés, sur les réseaux sociaux ou dans les salons de beauté, une nouvelle génération de « cosmétologues » autoproclamées a envahi la scène guinéenne. Sans diplôme, sans laboratoire agréé, sans la moindre norme de sécurité, elles fabriquent et vendent des produits pour la peau, les cheveux et même pour « grossir les fesses et les seins ».
Elles se présentent comme des entrepreneures modernes, des modèles de réussite féminine. En réalité, elles participent à un désastre silencieux : l’empoisonnement progressif du corps des femmes guinéennes.
⚠️ Le business du rêve corporel
La promesse est toujours la même : « avoir la peau claire », « de beaux cheveux », « des formes de rêve ». Des pages Facebook ou TikTok regorgent de publicités alléchantes : « crème éclaircissante naturelle », « huile miracle pour grossir les hanches », « savon magique pour teint caramel ».
Derrière les sourires, la réalité est sombre : mercure, corticoïdes, hydroquinone, formol, dérivés hormonaux, autant de substances interdites par l’OMS dans les cosmétiques.
Aucune de ces mixtures n’est testée. Aucune n’a de numéro d’autorisation sanitaire. Et pourtant, elles circulent librement, parfois même exportées vers d’autres pays de la sous-région.
« Les femmes mettent leur santé en danger pour répondre à des standards de beauté imposés par la société et entretenus par les réseaux sociaux », explique une dermatologue de Conakry sous anonymat. « Ces produits détruisent la peau, les reins, et peuvent provoquer des cancers à long terme. »
🧪 Beauté de rue, danger public
La cosmétique artisanale est devenue une économie parallèle. Les « mixeuses » — comme elles se surnomment — s’improvisent chimistes, mélangeant des lotions, poudres et crèmes achetées sur Internet ou dans des conteneurs de Dubaï, sans aucune traçabilité. Elles affirment « fabriquer naturel », mais utilisent des bases industrielles dangereuses, souvent à base de corticoïdes ou de vaseline blanchissante.
Certaines vendent même des produits injectables (« BBL produits ») pour « prendre du volume », souvent des stéroïdes ou des hormones animales, administrées sans contrôle médical.
Résultat : infections graves, taches irréversibles, déséquilibres hormonaux, infertilité, voire cancer. Mais les victimes se taisent. Par honte. Ou par peur d’être moquées.
💰 Une illusion de réussite sociale
Derrière cette explosion du business cosmétique, il y a aussi un drame économique et psychologique. Les femmes guinéennes, souvent laissées sans opportunités professionnelles, voient dans ce commerce une voie rapide vers la réussite. Beaucoup commencent avec un petit capital, vendent en ligne, puis deviennent « influenceuses » — avant d’être copiées, concurrencées, et parfois ruinées.
Ce système entretient une boucle vicieuse : paraître avant d’être, vendre avant de comprendre, consommer avant de réfléchir. Et tout cela, sans que l’État n’intervienne. Aucune législation claire, aucune inspection des produits de beauté, aucune campagne nationale d’éducation dermatologique.
🌍 Un vide législatif dangereux
Alors que d’autres pays africains comme le Sénégal, la Côte d’Ivoire ou le Maroc ont commencé à encadrer la fabrication et la commercialisation des cosmétiques, la Guinée reste sans cadre juridique clair. Les services de santé publique sont dépassés, les douanes laissent passer des produits non homologués, et les laboratoires d’analyse manquent d’équipement.
Résultat : un marché anarchique, sans norme, sans traçabilité. La peau devient un terrain d’expérimentation chimique. Et la beauté, un piège mortel.
💡 Solutions concrètes : pour une beauté guinéenne saine et fière
Face à cette urgence sanitaire, des solutions existent. Voici une feuille de route pour en finir avec la beauté toxique :
📜 Créer un cadre réglementaire robuste
- Établir une agence nationale de régulation cosmétique rattachée au ministère de la Santé, avec pouvoir de contrôle et de sanction.
- Exiger un certificat d’analyse pour tout produit cosmétique commercialisé, délivré par des laboratoires agréés après tests de sécurité.
- Adopter des normes de qualité en s’inspirant des standards internationaux (ISO) et en créant des normes guinéennes adaptées (Norme Guinéenne – NG).
💡 Structurer une filière cosmétique responsable
- Former et labelliser les professionnels via des programmes de certification en collaboration avec des pharmaciens et chimistes.
- Développer la transformation locale des plantes guinéennes (karité, moringa, neem, citronnelle) en créant des unités de production aux normes.
- Promouvoir les cosmétiques solides comme alternative écologique et moins risquée, avec des formules simples et transparentes.
🧠 Changer les mentalités par l’éducation
- Lancer une campagne nationale de sensibilisation massive sur les dangers des produits non contrôlés, avec témoignages de victimes.
- Intégrer l’estime de soi et la santé dermatologique dans les programmes scolaires dès le plus jeune âge.
- Valoriser la beauté noire naturelle à travers les médias publics, en collaborant avec des influenceurs engagés.
🌺 Conclusion : se réconcilier avec soi-même
Le corps de la femme guinéenne est devenu un terrain de guerre silencieuse entre le naturel et l’artificiel, entre la dignité et la mode, entre la fierté et la honte. Mais la vraie beauté ne vient pas d’une lotion ni d’une injection : elle vient de la confiance, de la santé et du respect de soi.
Réapprendre à aimer sa peau, ses formes et ses cheveux, c’est un acte politique. C’est résister à l’aliénation, c’est affirmer : « Je suis belle telle que je suis. » En parallèle, il est urgent que les autorités et la société civile unissent leurs forces pour offrir aux Guinéennes des alternatives saines et encadrées.
📣 #PortailGuinée #BeautéNaturelle #SantéDesFemmes #RéveilGuinéen #CosmétiqueSaine #Guinée


